Nules y Valencia

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Après avoir quitté le Delta de l’Ebre et la Catalogne, nous avons entrepris la traversée de la Communauté de Valencia, avec un objectif plus particulier : Nules, ville de 13 600 et quelques habitants, jumelée avec la ville française de Nyons (Drôme).

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J’avais obtenu de mon enseignante d’espagnol de terminale le contact de Laura, élue à la mairie et responsable du jumelage des deux villes. Nous arrivons le 15 novembre à Nules, après quelques heures de route dans des paysages sensiblement différents de ceux que nous voyons jusqu’ici. Les cultures d’agrumes, dont nous avions vu les premières dans le delta de l’Ebre, s’étendent maintenant à perte de vue ! Beaucoup de cultures maraîchères également.  C’est d’ailleurs dans la communauté valencienne que se trouve une des plus importantes huerta d’Espagne (zone de cultures irriguées), dont fruits et légumes issus de cultures maraîchères intensives inondent les marchés et supermarchés d’Europe. Le relief est également moins prononcé.

Nous entrons dans une ville qui nous parait plus populaire que celles que nous visitions en catalogne, plus ouvrière et où le tourisme n’est guère développé. Nous nous garons à proximité d’un magnifique bâtiment religieux, fermé comme tous ceux que nous croiserons dorénavant (où alors d’entrée payante).

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Après avoir acheté quelques vivres, nous nous dirigeons vers la côte, toute proche, pour y pique-niquer. Nules-plage à cette saison est une ville fantôme et c’est un moment agréable que nous passons au bord de l’eau. Nous avons un peu de mal à communiquer avec notre interlocutrice locale (nous n’avons pas de téléphone espagnol) et puis je me sens alors vraiment malade. Pas question ce soir là de trimer pour trouver un endroit où dormir : nous cherchons un camping dans le coin et y resterons deux nuits qui nous permettront un peu de repos.

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Nous sommes les seuls « campeurs » du camping, qui est assez rempli en cette fin de semaine. En fait, les gens ont des caravanes améliorées (avec des extensions de toutes sortes en dur) et doivent s’y rendre très régulièrement. C’est un peu comme des maisons de vacances, en fait. Certaines sont d’ailleurs en vente. L’ambiance est agréable et chaleureuse, mais notre fatigue et la maladie nous isolent un peu…

Au moment de partir, le gérant, qui a été tout du long de notre court séjour fort sympathique, nous offre un énorme sac plastique rempli de « clemen-nules » qu’il nous explique être une variété de clémentines ne poussant qu’ici. Elle sont en tout cas délicieuses, malgré le vert de leur écorce. Incomparables avec ce que l’on trouve par chez nous. Elle nous dureront pendant des semaines alors que nous en mangeons facilement quatre par jours.

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Nous avons réussi à convenir d’un rendez vous avec Laura Martinez de Lagos, qui nous invite à manger chez elle le soir. En attendant, nous passons la journée à errer en ville. Pour manger, une vieille dame nous indique un endroit qu’elle nous dit être pour les personnes âgées, comme elle, où l’on peut manger pour pas cher du tout et qui aussi ouvert à tout le monde.

C’est effectivement un endroit dédié aux personnes âgées, avec une cantine, dans une ambiance très populaire. C’est assez drôle de se retrouver ici, avec ces personnes âgées, quelques personnes un peu marginales et des ouvriers ! Nous mangeons pour rien du tout : 4€ et quelques pour un menu entrée-plat-dessert. Les entrées et desserts ne sont pas terribles mais le plat principal, un plat local, nous ravit : un potage de pois-chiches, d’épinards, avec un gros pavé de morue et un œuf poché.

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La dame faisant le service est adorable et nous parle volontiers. Sa fille vit en France, près de Montpellier. Elle nous apprend que la ville de Nules n’est pas une ville très riche et que la situation s’est dégradée avec la crise économique. Mais, nous dit elle, cela pourrait être pire.

Le soir, nous nous rendons donc chez Laura pour dîner. Nous sommes accueillis très chaleureusement par Laura, son mari Ximo et leurs deux enfants. Un autre invité, Angel, nous rejoint un petit peu plus tard. Nous passons une excellente soirée avec ces personnes et parlons de beaucoup de choses. De musique, notamment, car Ximo, qui est policier, est aussi musicien dans un orchestre de cordes (guitares et mandolines) dont Angel se trouve être le chef d’orchestre.

Malheureusement, il y a eu une incompréhension dans nos dialogues dans un espagnol que je ne maîtrise pas bien, entre Laura et moi et ils ne savaient pas que nous devions partir dès le lendemain pour l’Andalousie. Nous ne pourrons pas assister à la répétition de l’orchestre, ni profiter des nombreux contacts musicaux de la région valencienne que possède Angel. C’est vraiment frustrant pour moi, mais pour eux aussi, quand je leur dis que nous avons fixé notre objectif sur le flamenco. En effet, le flamenco et l’Andalousie sont un peu la vitrine de l’Espagne à l’étranger et met ainsi un peu dans l’ombre toute la richesse de la diversité des différentes cultures espagnoles. Mais Angel m’a apporté en cadeau plusieurs livrets de partitions de chansons traditionnelles valenciennes, que je me promets d’explorer prochainement au saxophone. Il prévoit également de nous envoyer par colis, en France, des enregistrements de son orchestre. C’est vraiment chouette de sa part !

Nous questionnons un peu nos hôtes sur l’agriculture locale, afin de savoir si elle demande beaucoup de traitements chimiques. Ceux-ci ne savent pas mais Angel nous parle du problème de l’irrigation : la région est originairement subdésertique et l’on fait venir l’eau de très loin pour irriguer ces vergers d’agrumes qui consomment beaucoup. Ils nous apprennent également que :

  • La culture des agrumes est devenue trop peu rentable pour les paysans (à qui l’on achète les fruits pour rien du tout et qui sont revendus bien plus chers en supermarché). Ce sont donc les grosses compagnies fruitières qui rachètent les terres et qui les exploitent…
  • Les fruits sont ramassés verts puis envoyés à travers toute l’Europe, où ils finissent de mûrir dans des lieux prévus à cet effet. Ils se retrouvent ainsi dans nos rayons avec une belle couleur orange, mais n’ont pas mûri normalement. Ils en deviennent nettement moins bons (mais ils sont jolis à nos yeux !). Ici, nous les consommons avec une peau encore un peu verte et les fruits sont parfaitement succulents, sucrés, acides comme il faut et ultra juteux.

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Enfin, ils nous expliquent que l’industrie locale la plus importante est la production de céramique, qui fait des ravages en polluant l’eau.

A la fin du repas, nos hôtes nous proposent un lit. Le premier depuis notre départ ! Un délice !
Le lendemain matin, Ximo nous prépare un jus d’orange avec des fruits produits par son père. Un délice également !

Après avoir chaleureusement remercié Ximo (Laura est partie travailler avant notre réveil) et nous être dit que nous nous reverrions, nous filons en direction de Valence, pour visiter un peu la troisième plus grande ville d’Espagne et son magnifique centre historique. Le reste en images !

4 Responses

  1. Jocelyn

    Les pois chiches me paraissent sur-dimensionnés par rapport à ce que je connais, je me trompe ?

    • assomarenostrum

      Non, ils sont semblables en tout points à ceux que l’on trouve chez nous !

  2. rene bergougnoux

    Lucas, revois tes cours d’ornithologie : c’est pas un pigeon. Plutôt un émeu … mais je ne suis pas sûr.

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