¡ Catalunya ! Partie 2

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Hola a todos !

Avant toutes choses, quelques rectifications : contrairement à ce que je disais, Tuchan n’est pas dans la Catalogne française, située un peu plus au sud, dans les Pyrénées Orientales. Les déclarations sur ma famille espagnole m’ont valu certaines révélations : le père de ma grand-mère paternelle n’était pas un paysan catalan (sa femme oui), mais un homme d’affaire qui, ayant fait faillite et étant pressé par l’administration fiscale, avait décidé de se refaire une santé en France, ce avant le guerre civile de 1936. Comme quoi…

Nous sommes le 14 novembre 2014, il est 18h57 et je vous écris depuis les abords du cimetière de Santa Magdalena de Pulpis, où nous avons établi notre « campement ».

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Je vous avais laissé tantôt sur nos souvenirs du lundi 10 au matin, où nous nous trouvions entre Cadaqués et Roses. Une fois les bagages pliés, nous avons poursuivi notre route vers Castellò d’Empùries.

A noter que sur notre route ainsi que sur les sites et dans les villages que nous visitons, nous rencontrons un nombre très important de français (à certains endroits, nous ne croisions plus que des voitures françaises !), nombre cependant décroissant au fur et à mesure que nous nous éloignons de la frontière. Il nous faudra quelques jours encore pour être suffisamment éloignés des destinations des touristes français et nous sentir pleinement immergés dans une culture différente.

Egalement, nous sommes interpellés par le nombre d’enseignes françaises que nous croisons. Les « Carrefour » et les « Décathlon », en particulier, sont partout ! Sans parler des « Brico-dépôt », « Feu-vert » et autres « Bureau-vallée »…

A Castellò d’Empùries, nous découvrons pour la première fois la vie de cette Catalogne que nous venons tout juste d’aborder. Le centre est fort joli : des ruelles tortueuses et colorées qui nous amènent bien souvent sur les traces d’une gloire médiévale passée. Nous flânons dans les rues et nous mêlons pour la première fois aux catalans (et aux quelques autres touristes que nous). L’ambiance de la ville et l’attitude de ses habitants nous séduit : il y règne une atmosphère chaleureuse et bienveillante.
Après avoir visité la belle et imposante basilique de Santa Maria, nous constatons que notre estomac nous lance des signes pressants : il est temps de se nourrir !

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Nous sommes relativement près de Girona, nous choisissons de nous y rendre.  Pour la seconde fois de ma vie, je commets une méprise sur cette ville et qui me vaut une certaine frustration : je raffole du turron, ce nougat espagnol et plus particulièrement de celui venant de la ville de Jijona. Vous devinez mon erreur ! Me faisant une joie d’y aller pour la mauvaise raison, je déchante un peu en comprenant que je ne pourrais satisfaire mon désire culinaire…

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Nous découvrons un centre historique plein de charmes (de belles vieilles pierres, de belles rues et ruelles). Le beau temps nous a alors quitté pour un vilain crachin froid. Nous décidons de nous faire un petit plaisir en découvrant la cuisine catalane dans un restaurant conseillé par notre guide. Les proportion servies sont pantagruéliques et le prix du menu est ridicule en regard (une bouteille de vin entière est comprise dans le menu). Je trouve cela bon, Gitanjali est un peu déçue. Nous apprécions les poivrons des « escalivada », des légumes servis froid et dont nous n’arrivons pas à déterminer le type de cuisson (il s’avère après vérification qu’ils sont cuits au four). Nos plats principaux nous plaisent aussi (même si nous échangeons) : des joues de porc cuites à la bière pour Gitanjali  et des côtes de porc en sauce tomate pour moi.

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Le temps nous invite peu à la promenade et le soir approchant, nous ne tardons pas à filer. Nous passons à côté des beaux édifices religieux, que nous n’avons vu que d’extérieur mais également des constructions Art Nouveau de Rafael Maso.

Nous nous perdons un peu pour sortir de la ville puis pour parvenir au lieu que nous avons choisi pour dormir : el Santuari dels Angels. Pour nous y rendre, nous empruntons une fois encore une route sinueuse de nuit et dont nous ne pourrons voir la beauté que le lendemain. Après une montée un peu longue, nous arrivons devant cet édifice dominant le massif de les Gavarres. Le lieu est composé d’une chapelle et d’un hôtel, le tout assez quelconque mais ne manquant pas de charme du fait de sa situation.

La nuit et froide et venteuse. Le lendemain matin, un peu las du froid et n’ayant pas envie de batailler pour faire chauffer de l’eau, nous nous réfugions au bar du sanctuaire pour y petit-déjeuner, en compagnie d’une grande et joyeuse bande de personnes âgées qui vient petit-déjeuner ici. Nous entamons la conversation avec l’un d’entre eux. Il nous explique qu’ils sont une bande d’amis de Girona se réunissant chaque mardi ici (en partie à pied pour les plus courageux) pour passer un bon moment. « On marche et on mange ! ».

Nous profitons de la wifi pour un peu de correspondance lorsque parvient à nos oreilles une belle mélodie chantée par une tout aussi belle voix. Nous déballons en vitesse notre matériel et courons demander à la chanteuse si cela ne la dérange pas que nous l’enregistrions. Nous l’écoutons nous interpréter « Paraules d’amor », une chanson d’un auteur catalan encore en vie, Joan Manuel Serrat.

Les « Paraules d’amor » de Joan Manuel Serrat, interprétées par Rosa Pié Pont.

Rosa, notre adorable chanteuse, nous explique que la chanson raconte les souvenirs d’une  femme sur son premier amour, celui de ses quinze ans. Nous parlons un peu avec des membres du groupe, leur expliquons notre projet. Nous prenons une photo avec Marisol et Macha, puis ils repartent. Cette rencontre est véritablement la première avec des Catalans et nous en sommes ravis, d’autant qu’ils ont été adorables !

Marisol, Macha y Gitanjali, Santuari dels Angels
Marisol, Macha y Gitanjali, Santuari dels Angels

Il fait trop froid pour effectuer une toilette comme celles que nous avons pratiqué les deux premiers jours. Et nous commençons à nous sentir un peu sales. Nous allons voir notre serveur et lui demandons si nous pouvons prendre une douche ici. Ce à quoi il répond qu’il nous faut prendre une chambre pour cela. Raté !

Nous reprenons la route pour nous diriger vers la côte. Nous passons Cassà de la Selva puis Llagostera. A partir d’ici, la route devient magnifique. Elle évolue dans les paysages vallonnés du Massis de les Cadinetes, où la végétation est résolument méditerranéennes : pins, chênes verts et chênes lièges, arbousiers, cistes, genêts et genévrier pour ne citer qu’eux.

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La route débouche sur Tossa de Mare, belle cité balnéaire avec un magnifique centre historique surplombant la mer. Le temps s’est encore dégradé et la pluie s’invite. Nous découvrons une ville fantôme, où tout est fermé. Comme nous sommes le 11 novembre, nous nous demandons si le jour est férié en Espagne également. Nous demandons à un homme dans la rue, qui nous explique que cette ville est uniquement touristique et que pour voir une ville vivante, il nous faut poursuivre jusqu’à Lloret de Mar. Avant cela, nous allons déguster des sardines grillées, un régal absolu (ultra fraiches, servies avec de l’huile d’olive, de l’ail et du persil), dans un petit troquet qui ne paie pas de mine. Nous n’avons pas payé cher mais nous ressortons avec faim.

Nous nous promenons un peu puis repartons en direction de Lloret de Mar. La route est ici aussi superbe. Cette partie de la Costa Brava est assez sauvage et les quelques maisons et immeubles se trouvant sur le littoral sont perdus entre les magnifiques pins d’une pinède que nous suivons sans discontinuer. Lloret de Mar s’avère être une grosse ville assez moche, comme toutes celles qui suivront et dans lesquelles nous ne nous arrêterons pas. A Arenys de Mar, nous bifurquons vers les terres et nous installons dans la forêt à côté de Vallgorguina, une jolie petite ville où nous achetons un délicieux fromage de brebis.  Nous nous installons et cuisinons sous la pluie.

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Le lendemain, après une mauvaise nuit et assez refroidis, nous prenons l’autoroute en direction de Barcelone. Nous nous arrêtons sur une aire d’autoroute pour consulter nos mails ainsi que pour… nous doucher. Ah ! notre première (et unique pour le moment) douche du voyage, que nous savourons. Des douches sont à disposition des routiers, mais payantes tout de même. Cela n’est pas donné à nos yeux (3€ par personnes), mais coute moins cher qu’une chambre d’hôtel.

Nous décidons, un peu la mort dans l’âme, de ne pas nous rendre à Barcelone. Stationner la voiture coute excessivement cher et nous n’arrivons pas à trouver des personnes pour nous accueillir.

Barcelone est donc un rendez vous raté, mais nous avons plus généralement le sentiment que la Catalogne est le lieu des rendez-vous ratés pour nous. Nous cherchons un peu nos marques, ne savons pas trop comment nous y prendre et ne parvenons pas à découvrir la culture catalane. Gitanjali est également un peu frustrée. Elle n’a jamais fait de tourisme, comme ce que nous faisons finalement et trouve cette démarche peu intéressante. Nous réfléchissons à un autre mode d’action, car nous ne faisons finalement que de la route, avec quelques arrêts à droite et à gauche. Nous nous disons qu’il serait peut être plus intéressant, à l’avenir, de nous implanter à un endroit pour le découvrir plus en profondeur, établir de véritables contacts. Nous avons des contacts à Nules, ville jumelée à celle de Nyons (dans la Drôme et où nous avons deux classes partenaires) : nous décidons de nous y rendre, avec deux étapes cependant. Le Priorat et le Delta de l’Ebre.

Autre décision importante : nous avons choisi de ne plus nous rendre en Tunisie. Nous nous rendons compte qu’avancer prend plus de temps que prévu et que parvenir jusqu’à la Tunisie est un peu complexe. C’est donc avec regret que nous faisons ce gros ajustement dans notre projet…

Beaucoup de choses dites ici, nous vous revenons très rapidement pour la suite !

Hasta pronto !

Lucas et Gitanjali

5 Réponses

  1. « Catalans want to vote » Chouette, je comprends l’espagnol !

  2. « Pantagruélique », c’est chouette, j’étoffe mon vocabulaire en vous lisant…dictionnaire à portée de main!
    Toutes ailes déployées, ce petit Van rouge semble vouloir s’envoler à tout instant, continuez cette belle migration!

    • assomarenostrum

      Lui réprimer cette envie demande une attention continue. A force de tirer sur son mors, je vais finir avec une musculature herculéenne. Bisous andalous et gardez le dictionnaire au chaud de côté pour l’hiver !

  3. Bonjour et merci pour toutes ces nouvelles et ces photos ! Ma classe de CM1 a été littéralement captivée. Ils sont restés 1 heure sagement à lire vos derniers posts et à regarder vos photos ! Un record !!!
    Ils ont une question à vous poser : « Comment faites-vous pour parler aux gens ? »
    A très bientôt

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