¡ Catalunya ! Partie 1

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¡ Bon dia !

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Nous sommes le vendredi 14 novembre 2014, il est 11h39 et nous nous trouvons à Poblenou del Detta, sous un ciel mitigé. Ce joli petit village du Delta de l’Ebre, avec ses maisons basses blanches et jaunes, ces allées bordées d’immenses palmiers, s’appelait encore il y a peu Villafranco del Delta, du nom du dictateur fasciste qui a régné en maitre sur l’Espagne de 1939 à 1975. Le village avait en effet été créé par l’administration fasciste en 1957, pour développer la riziculture locale. Le dictateur, grand amateur de chasse au canard, venait régulièrement séjourner dans ce haut lieu de chasse.

Mais avant de parler un peu plus de ce magnifique lieu qu’est le Delta de l’Ebre, retour sur cette première semaine d’itinérance !

Nous sommes partis de Lunel le vendredi 07 novembre à 11h10, sous un soleil radieux. Notre compteur affichait alors 245 526 km. Une personne était présente pour nous dire adieu : ma sœur Flore.

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Comme je le disais dans notre précédent billet, notre premier objectif était en France, et plus particulièrement le village de Tuchan, dans l’Aude, en Catalogne française. C’était une étape importante et significative pour moi car c’est dans ce patelin lové au pied du Mont Tauch que vivait ma grand-mère paternelle, issue d’une famille de paysans catalans espagnols ayant fui l’Espagne fasciste. Cette origine m’a toujours interpellé et appelé. Si j’entreprends aujourd’hui ce voyage, c’est en partie en mémoire de cette personne.

Arrivés à Tuchan par la magnifique route des Corbières, nous montons jusqu’au château d’Aguilar, un des très nombreux et impressionnants châteaux cathares de la région, qui nous offre un point de vue magnifique sur la vallée.

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Nous nous rendons ensuite sur la tombe de ma grand-mère pour y poser une rose cueillie dans les vignes. Puis nous allons frileusement tremper un pied dans les eaux du Verdouble, jolie rivière que Claude Nougaro a honoré d’une chanson.

La nuit tombant vite, nous décidons d’établir notre premier bivouac dans une vigne en friche à la sortie du village. La première d’une longue série de mauvaises nuits ! Non pas à cause du confort qui n’est pas si sommaire que ça, mais notre esprit fonctionne en continu, essayant à tout prix d’anticiper les événements à venir. Egalement, un vent puissant et qui va être un compagnon très régulier, nous secoue avec rudesse et rend un peu dur la confection du diner.

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Nous nous levons le lendemain baignés par la lumière d’un beau soleil d’automne, qui réchauffe doucement les buissons de romarin et de cistes qui nous entourent. Nous petit déjeunons, tout en découvrant que notre organisation est assez satisfaisante. Après une toilette à l’air libre au moyen d’une bassine et d’un gant (pas désagréable puisqu’il fait bon), nous plions bagages.

Nous filons sur Perpignan, car il nous reste quelques achats à faire (un sac à dos et des anches pour mon saxo) ainsi que pour saluer un bon ami qui habite là depuis peu. Le temps passe vite et alors que nous comptions passer la frontière espagnole dans l’après midi, nous quittons Perpignan lorsque le soleil baisse. Pour nous consoler : de magnifiques ciels enflammés par le soleil mourant.

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Nous passons St Cyprien, Argelès/mer, désespérément à la recherche d’un bivouac potable. Nous nous confrontons alors avec ce qui va devenir un soucis quotidien pour tous les deux : la recherche du lieu où s’établir lorsque le jour s’en va. Il nous faut en effet trouver des endroits un peu reculés pour un peu d’intimité, plutôt jolis si possible. Nous avons aussi à l’esprit le soucis des autres humains : nous ne devons pas déranger, ni installer dans des endroits où nous n’avons pas le droit de nous mettre, au risque de venir se faire embêter par d’éventuels propriétaires ou policiers. Egalement, il est plus agréable de chercher et trouver le lieu de notre bivouac avant que la nuit ne tombe. Ceci est problématique et un peu frustrant car cela écourte nos journées de manière importante, les jours étant désormais courts.

Mais revenons à nos moutons. En arrivant vers Collioure, découragés par un littoral peu sauvage, nous filons un peu au hasard dans la montagne, faisant zigzaguer le van sur de toutes petites routes escarpées que nous devinons magnifiques. Nous nous arrêtons devant une table d’orientation des « vignobles de Banyuls ». Le lendemain, nous découvrons une vue splendide et des paysages « entre mer et montagne » qui vont, eux aussi, faire partie de notre quotidien, bien qu’à chaque fois sensiblement différents.

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Nous descendons vers Collioure après une toilette intégrale dans les ruines auxquelles nous tournions le dos cette nuit (et que nous n’avons pas réussi à identifier : un ermitage, peut être ?). On nous avait beaucoup vanté les charmes de cette petite ville côtière. Et effectivement, elle est tout à fait séduisante mais est aussi et malheureusement l’assaut de centaines de visiteurs. Nous y trainons un peu, achetons quelques anchois (délicieux !) au marché, testons un oursin sur le port (très intéressant à mon gout, mais Gitanjali n’est pas conquise…), déjeunons sur le port puis fuyons cette ville où nous n’avons pas réussi à nous sentir à l’aise, au milieu de la foule.

Nous passons Port-Vendres, Banyuls /mer, puis Cerbère. Le van avale ses dernier kilomètres de bitume français ! A quelques kilomètre de la frontière, nous passons une série de coups de fil à nos proches pour des « au revoir », puis repartons.

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Le moment est solennel, il nous faut une musique de circonstance : nous passons notre première frontière au son du Concierto de Aranjuez de Joaquin Rodrigo. La guitare espagnole nous accompagne sur nos premiers kilomètres ibériques !

Nous sommes donc dans la communauté autonome de Catalogne et nous arrivons ce dimanche 09 novembre 2014 en pleine tourmente d’un référendum consultatif sur l’indépendance de cette communauté. Une question importante et sensible que nous ne pourrons pas ignorer un seul instant durant notre court séjour en Catalogne ! En effet, nous verrons dans tous les villages et villes des centaines de drapeaux catalans pendus pour l’occasion aux balcons, accrochés aux arbres, sur les ronds-points etc. Ainsi que des panneaux et affiches accrochés un peu partout pour appeler les catalans à voter oui pour l’indépendance. Mais nous reviendrons à ce sujet un peu plus tard pour en parler plus longuement.

Après avoir passé la frontière, nous passons les villes de Portbou, Llança puis nous bifurquons à el Port de la Selva en direction du monastère de St. Pere de Rodes, que nous a indiqué notre guide de voyage. Situé dans le parc du Cap de Creus, ce monastère est considéré comme l’un des fleurons de l’architecture romane catalane.

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La nuit tombe vite et le ciel nous offre, une fois encore et sur des paysages aux reliefs escarpés, de magnifiques couleurs. Nous choisissons de nous rendre vers la ville portuaire de Cadaqués pour y dormir. Mais nous trouvons de nuit un littoral bétonné qui nous pousse à nous enfuir, une fois de plus, vers les terres. Tant pis, nous passerons à côté de cette ville décrite comme étant splendide. Nous dormons entre Cadaqués et Roses, dans de magnifiques paysages méditerranéens. Quelques heures après notre installation une voiture arrive et se gare derrière nous. Nous prenons bêtement peur ! Est-ce le propriétaire du lieu (un champ en friche à côté d’une ferme partiellement en ruine) et va-t-il nous envoyer paitre ailleurs ?

Non… ce sont deux français qui choisissent le même lieu que nous pour planter leur tente.

Je m’arrête ici temporairement pour la chronologie de nos pérégrinations et y reviendrait dans un poste qui suivra de peu celui-ci.

Post scriptum : nous en sommes au tout début de notre périple et nous cherchons un peu nos marques, y compris en ce qui concerne la tenue de ce carnet de voyage et l’écriture de ces billets. Nous ne parlons ici presque que de notre route et un peu de notre vie toute fraîche de nomades. Nous avons beaucoup de choses à dire, sur ce que nous avons vu, les quelques rencontres que nous avons faites et nous y viendrons très bientôt. Il nous faudra un peu de pratique pour arriver à un format mêlant tout cela ! Egalement, nous nous sommes rendus compte avant de passer la frontière qu’une vilaine tache encombrait la plupart de nos photos. Ce n’est pas une saleté présente sur les objectifs mais quelque chose survenant au niveau du boitier et nous ne pouvons pas nous hasarder à essayer de le nettoyer nous même. Nous attendons donc de passer dans une suffisamment grande ville pour trouver un réparateur d’appareils photos…

10 Réponses

  1. roselyne pourchet

    Merci pour ces belles photos et un début de journal très intéressant. c’est un excellent début et j’aurai toujours plaisir à vous suivre.

  2. Tante marie bergougnoux

    Bon voyage pour vous deux, que l’ombre aimante de Papillotte et Manette vous protège tout au long de votre voyage…
    Soyez heureux et chanceux.
    Bon voyage !!!!!

    • assomarenostrum

      Manette nous accompagne bien dans ce début de voyage : le matin de notre premier bivouac à Tuchan, je me suis servi d’une serviette que j’avais pris dans l’immense tas de linge récupéré de Tuchan que René conserve dans un placard. Elle avait conservée toute son odeur originelle…
      A Perpignan, nous avons fait une halte chez un ami à moi. J’y ai retrouvé un parapluie que j’avais oublié chez cet ami lorsqu’il habitait Montpellier. Et, bien sur, ce parapluie était à Manette !

  3. A Collioure, il aurait fallu vous prendre en photo du bateau. On ne voit que vos têtes d’épingle sur la surface de l’eau.

  4. Le début d’une Grande expérience !
    Je savoures vos paysages et je suis suspendu à vos mots !
    Vous êtes Beaux, continuez ! :)

    • assomarenostrum

      Merci Jason, notre plus fidèle soutien ! Nous t’envoyons un amical salut andalou ! A bientôt

  5. Dominique Dumas

    Bravo, quel bonheur a partager. Vous me faites rêver et renvoyez à 1977 ou j’ai pris la route avec mon toujours actuel mari, pour la traversée du Sahara algérien, via l’Espagne, le Maroc, en « deux chevaux » camionnette « aménagée ». (sans GPS, tél.internet etc…) nous étions les plus heureux du monde et le savions.C’est tellement reposant de n’avoir à gérer qu’1 minimum d’affaire. Le plus dure c’est de d’arriver à partir, de contenir ses affaires, et après c’est coooooooooooool. Même les pannes de voiture sont l’occasion de rencontre et de s’arrêter et découvrir un coin.Y’a pas a dire les voyages forment la jeunesse. Je vous embrasse et vous suivrais avec beaucoup d’intérêt et de plaisir.

    • assomarenostrum

      Bonsoir depuis Malaga ! Nous n’avons pas de GPS, ce qui occasionne parfois un parcourt un peu désordonné – mais diablement plus rigolo – mais nous avons internet (de temps en temps) pour partager avec d’autres ! Merci pour ton gentil message et à bientôt !

  6. Anne Goncalves

    Magnifiques photos, les couchers de soleil sont à tomber!
    Vos commentaires emplis de passions.
    Bon voyage jeunes gens

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