Rencontre avec l’école Otok à Zagreb

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Nous vous écrivions dans l’article précédent que nous nous étions rendus à Zagreb, afin de rencontrer les élèves de l’école Otok et, entre autres, les correspondants des CM1-CM2 de l’école de Vinsobres en Drôme Provençale.

C’est donc ce que nous faisons toute la semaine du 02 février.

L’école Otok est située dans Novi-Zagreb, littéralement « la nouvelle Zagreb », dans le quartier de Slobostina, qui est à vingt minutes en bus du centre ville. Slobostina est un petit quartier, construit autour d’une place centrale entourée d’immeubles qui constituent la quasi-totalité du quartier. Derrière l’école, il y a seulement quelques maisons longeant une rue qui débouche sur une des artères principales de Novi-Zagreb et qui marque la fin de Slobostina.

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Le quartier de Slobostina, après la fantastique tempête de neige à laquelle nous avons eu droit ! Le monticule présent sur la photo, que tous les enfants du quartier viennent dévaler avec délice en luge, cache en vérité un abri anti-atomique.

Etant donnée la position géographique de Slobostina et l’allure de ses constructions, nous imaginons d’emblée que l’école se trouve dans un quartier populaire. C’est une impression qui sera démentie par la suite, lorsque nous apprendrons l’histoire du peuplement du quartier.
Les habitants de Slobostina et des quartiers aux alentours sont les mêmes occupants depuis de nombreuses années. Dans ces logements, ils y ont d’abord vécu gratuitement avant de les acheter pour des sommes toutes à fait raisonnables. Durant la Yougoslavie, fédération communiste existant de 1945 à 1991 regroupant les actuels états de Slovénie, Croatie, Monténégro, Bosnie-Herzégovine, Serbie et Kosovo, chaque travailleur avait la possibilité d’obtenir un logement pour lui et sa famille au travers de son emploi. Il lui fallait pour cela s’inscrire sur une liste et attendre son tour. L’attribution des logements s’effectuait en fonction d’un système à points, selon des critères tels que le régime matrimonial, le nombre d’enfants dans le foyer, les possibles handicapes des membres de la famille et même la productivité de l’entreprise, qui appartenait aux employés. Une fois le droit de vivre dans un appartement acquis par un membre de la famille, les autres membres étaient d’office retirés des listes respectives de leurs entreprises. Ce droit était acquis à vie pour une famille et était également héréditaire.

Sans que le plein emploi soit assuré en ex-Yougoslavie, le taux de chômage en Croatie était relativement faible. En conséquence, les très nombreux croates qui avaient un emploi avaient également un toit, mis à disposition gratuitement par leur entreprise et à vie tant que ceux-ci se bornait à n’exprimer aucune idée pouvant déplaire au régime.

Les habitants de Slobostina se sont donc vus attribuer ces logements grâce à leurs emplois et des personnes de tous horizons y ont été installées. A la fin du régime communiste, le gouvernement croate à donné le droit à ses citoyens d’acheter les logements qu’ils occupaient jusqu’alors, à très bons prix. C’est ce qu’ont fait la plupart et c’est pourquoi aujourd’hui de nombreux croates sont propriétaires de leurs habitations.

Pour en revenir à la population du quartier de Slobostina, les origines sociales des riverains sont mixtes et ici le terme quartier n’a pas la connotation négative qu’on lui attribut parfois en France.

A l’école, nous rencontrons les 6ème, les correspondants de Vinsobres mais également une classe de CM2 et une classe de 4ème à plusieurs reprises.

Dans le cadre de l’échange, les 6ème ont préparé un ensemble de chansons traditionnelles croates issues chacune d’une région différente. Les 4èmes ont préparé des textes explicatifs sur chacun des chants et les présentent avant que les chansons ne débutent.

Voici un petit extrait du travail des élèves :

Nous vous avons très peu parlé de nos interventions avec les scolaires, voilà un peu comment elles se déroulent :

Tout d’abord, nous interrogeons les élèves sur ce qu’ils savent de nous et de notre projet. Nous construisons ensuite ensemble une carte de la Méditerranée en situant les pays du pourtour méditerranéen et nous y dessinons notre trajet. Selon le niveau de compréhension des élèves, nous les questionnons sur notre itinéraire et pourquoi par exemple celui-ci évite certaines régions méditerranéennes.

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La seconde partie de notre intervention emprunte l’apparence d’une grande boîte à objets où nous avons entassé des morceaux des pays que nous avons traversés. Chacun à leur tour, les élèves viennent piocher un objet dans la boîte et sont invités à trouver son pays d’origine et son utilisation. Nous expliquons ensuite aux écoliers par la parole, la photo, le son et la vidéo l’histoire de l’objet.

Nous faisons ainsi découvrir aux petits croates le tajine du père de Badr, les qarqabas et le Guembri, les instruments des Gnaoua, le thé marocain de Amina, le Flamenco et autres découvertes merveilleuses aux yeux ébahis et papilles enchantés des élèves !

En plus des chants qui leur ont préparé, la classe de Paula et de ses camarades réalise un cours de croate pour permettre à Lucie et compagnie de débuter le croate !

Sur ce nous vous souhaitons un bon cours de croate !


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