Italie

Classé dans : Carnet de Voyage | 2

Lorsque nous quittons Taroudant, nous retournons quelques jours sur Agadir pour dire au revoir à tous nos amis et aux personnes que nous avons rencontré (Hicham et Sara, l’équipe enseignante de l‘institut Polygone et même Younes, qui nous rejoint depuis Taroudant), puis nous filons sur Marrakech, finir honorablement notre séjour marocain en passant revoir la famille de Badr. C’est en effet avec eux que nous avions véritablement pénétré, avec délice, la culture marocaine et c’est tout naturellement un plaisir de conclure par cette étape ! Comme pour nous signifier que la prochaine étape, l’Italie, est à nos pieds, Amina nous cuisine même un plat de pâtes, tandis que nous n’avons mangé au Maroc quasiment que de la nourriture marocaine.

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L’Atlas majestueux, que nous contemplons pour la dernière fois sur la route nous menant à Marrakech

Nous repartons le 12 janvier, en direction de Tanger Med, où nous devons prendre le ferry pour Livourne. Durant notre descente du Maroc, nous avions croisé une foule de barrages de police sur la route, mais n’avions jamais été arrêté. En remontant, c’est par trois fois que nous sommes arrêtés. La première pour ne pas avoir respecté un stop (mouais), mais le policier me laisse repartir sans payer d’amende lorsque je lui apprend que je n’ai pas de quoi la régler avec moi. La deuxième fois, un policier a vu l’appareil photo dans les mains de Gitanjali et nous dit qu’il est interdit de prendre en photo les barrages puis nous laisse repartir. La dernière est la bonne : nous paierons 300 dirhams pour excès de vitesse. La vitesse est limitée à 100 km/h sur route, mais, à la sortie d’un virage surgit une limitation de vitesse à 60 km/h, installée par les policiers qui sont planqués là avec leurs lunettes de contrôle. En roulant à 100 km/h, je n’avais pas d’autre choix que de me faire prendre… Gitanjali est furieuse ! Nous envoyons un message à un ami, qui nous répond : « il fallait la faire baisser à 100 dirhams » – « comment ça ? » – « le policier préfère 100 dirhams dans sa poche plutôt que 300 pour l’Etat » ! La corruption reste un réalité bien présente au Maroc…

Nous avons une petite frayeur en constatant que l’heure du check in pour l’embarquement est plus tôt que prévu et nous fonçons à tout berzingue vers le port où nous étions arrivés un mois et quelques plus tôt ! Une fois là, le contrôle du véhicule est un peu plus long et compliqué qu’à l’aller (deux jeunes en van, au look un peu hippie sur les bords quittant le premier pays producteur de haschich, ça attire la suspicion).

Nous embarquons finalement bien à bord de notre bateau, au sein du duquel nous allons passer les 54 prochaines heures, sans cabine.

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Nous quittons le Maroc, mais en douceur car la petite société évoluant à bord de notre bateau, essentiellement composée de personnes ayant des origines maghrébines et vivant en Espagne ou Italie, reproduit les codes sociaux marocains ! En passant près de la Corse, nous en profitons pour regarder nos mails, puisque nous captons (pour la première fois depuis plusieurs mois) le réseau français. Une bien triste nouvelle nous attend : notre école partenaire en Sardaigne (notre prochaine étape) nous apprend qu’elle se retire du projet. Nous sommes furieux et tristes : une classe de l’école de Vinsobres se trouve sans correspondants et nous devons revoir à très court terme et en profondeur notre parcourt…

Nous arrivons donc à Livourne le 15 janvier, assez tard, très fatigués, de retour sur un continent européen hivernal et froid, un peu déboussolés…

Le lendemain, nous remarquons que nous sommes près de Pise, ville que nous n’avions pas prévu d’aller visiter, mais bon, quitte à être à côté, zou, allons-y voir ! Nous trouvons la ville vraiment magnifique et, n’arrivant pas trop à rattraper en vitalité ni à nous décider pour la suite des événements, nous y restons deux jours.

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Pise ! Cette vue nous en rappelle une autre, prise en Espagne, à Girona.

L’occasion pour nous d’aller voir l’impressionnante « place des miracles » et ses bâtiments, dont le plus célèbre, la tour penchée de Pise. Nous y faisons la rencontre d’étranges créatures de pierre, métal ou de chair et d’os :

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J’en profite ici pour répondre à Charlotte, élève de la classe de CE2-CM2 de l’école de St Sériès et qui nous avait posé il y a bien trop longtemps ces deux questions : 

– Quel est votre plat et votre ville préférés en Italie ? Notre plat préféré, nous l’avons dégusté le deuxième jours où nous étions à Pise et ce sont des Pappardelle al ragù, de grosses pâtes dans une sauce à la viande. Notre ville préférée : Pise, car vraiment très jolie dans le centre, loin de la foule touristique de la « place de miracles »

– Êtes-vous montés dans la tour de Pise et si oui est-ce qu’elle était belle ? Nous ne sommes pas montés dans la tour car l’entrée est un peu chère… Mais de dehors, la tour vaut définitivement le coup d’œil !

Comme nous n’arrivons pas à nous décider sur quoi faire, que la fatigue accumulée nous a fait retrouver notre amie la maladie, nous décidons de trouver une petite chambre d’hôte à la campagne pour prendre un peu de repos, travailler un peu et réfléchir calmement à que faire suite à cette déconvenue. Nous en trouvons une dans un coin qui a l’air aussi paumé que joli : exactement ce qu’il nous faut !

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Le tout petit village de Laggaci, en Toscane, où nous prenons un peu de repos

Après ces quelques jours de repos vraiment nécessaires, nous avons pris notre décision : partir vers les Balkans, rencontrer les autres écoles partenaires. Nous verrons pour l’Italie à notre retour… La dernière nuit, nous expérimentons un petit tremblement de terre (et une grosse angoisse pour moi !). Le nord de la Toscane connait régulièrement ce genre d’événements. Nous reprenons la route, direction l’Est !

Nous refaisons à cette occasion un peu de camping sauvage, mais ce n’est plus très marrant à cette saison !

Pour rejoindre la Croatie, notre prochaine étape, nous choisissons de faire la route en quelques étapes et de visiter quelques jolies villes de cette Italie du Nord. Nous passons donc à Ferrara :

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Visiter une telle ville est très agréable, mais nous nous sentons un peu mal à l’aise : nous venons de passer un mois dans un pays où la pauvreté accompagnait chaque jours nos regards et nous voici dans un pays où un nombre non négligeable de personnes se vêtent avec des habits dont le prix dépasse très largement ce que pourraient gagner de nombreux marocains en un mois… Nous voyons beaucoup de boutiques partout, d’articles de luxe, de cosmétiques, bijoux et tout cela nous semble complètement fou ! Comment peut-il y avoir des endroits de la planète où des gens galèrent pour se sustenter au jour le jour et d’autres où l’on dépense son temps et de l’argent dans le soucis de bien paraître ? Passer de l’un à l’autre est déroutant et provoque chez nous à ce moment là une totale incompréhension de ce monde.

D’un autre côté, passer son temps à admirer de vieilles pierres nous semble un peu vain et futile, après l’expérience définitivement humaine de notre séjour marocain.

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Enfin, dernier arrêt touristique sur la route : Venise ! Comment passer à côté de cette ville vraiment incroyable, même si beaucoup trop touristique pour être véritablement appréciable ? Et encore, je parie que nous avons la chance de nous y trouver hors-saison, sous un temps relativement froid et humide.

La ville reste quand même un joyau très romantique et qui semble rempli de mystères. On aimerait y rester plus, comme si « après la fermeture du musée » et le départ du public, un drame véritable et passionnel aller s’y dérouler inévitablement. Dans ma tête résonne l’adagietto de la 5ème de Mahler…

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Après Venise, nous filons vers la Slovénie. Nous nous arrêtons quelques jours dans un camping à Trieste. Un froid mordant nous accompagne maintenant et nous passons nos dernières nuits enfouis sous plein de couches, tandis que le mercure passe en dessous de la barre des zéros.

Enfin, nous repartons vers nos aventures balkaniques ! Nous passons la frontière slovène le 28 janvier.

La suite bientôt.

Retrouvez toutes les photos de l’article ici :

2 Responses

  1. Isabelle

    Bellissimo ! Vous êtes bien chanceux !
    Bonne continuation. Bisous

  2. roselyne pourchet

    C’est bien dommage pour le partenariat avec Vinsobres.
    Félicitations pour votre travail ; nous vous suivons toujours avec intérêt et grand plaisir.

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