Taroudant, Chap IV (la fin…)

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Bonjour !

Allez, il est plus que temps de vous montrer autre chose que le Maroc. Je finis donc de relater ici notre séjour à Taroudant, dans un article tout en photos et musiques, puisque le temps nous manque pour tout raconter avec précision.

Saint-Sylvestre roudanaise

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Nous étions arrivés à Taroudant juste avant le jour de l’an et nous le fêtons dignement avec Younes, sa famille et ses amis. Dignement, gastronomiquement et musicalement ! Gitanjali avait préparé un curry d’agneau, qui a remporté un vif succès (Younes nous avait prévenu qu’il fallait faire épicé : « lorsque j’ai été en France, je n’ai mangé que du nutella et de la vache qui rit : il n’y a pas d’épices chez vous, je ne peux pas manger ça ! ») et Hakima trois monstrueux gâteaux !

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Ayoub, ami de Younes et musicien gnaoua, accompagnait la soirée de sa musique !

Concert dans un jardin

Le lendemain, nous rejoignons Ayoub et son frère Mohammed dans leur jardin et nous nous amusons à enregistrer une « émission radio » avec un petit bœuf entre Ayoub, au guembri et au chant, et moi au saxophone. Sans oublier Younes, présentateur vedette et choriste.

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Le résultat :

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Comme je commençais vraiment à ressembler à un ours, nous décidons le soir d’aller faire un…

Petit tour chez le barbier

… puisque c’est une expérience que je n’ai jamais tenté et qu’il est encore très courant au Maroc d’avoir recours au service d’un barbier. Nous nous rendons donc, de nuit, dans un souk plus bondé que jamais et entrons dans le petit salon de coiffure du cousin de Younes.

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Après cela, nous allons acheter de la viande pour le dîner du soir !
Après cela, nous allons acheter de la viande pour le dîner du soir !

Le lendemain, nous passons du temps avec un ami de Younes, Mohamed Baala, qui est artiste et nous emmène chez sa grand-mère.

Le lendemain, soit le 03 janvier, Younes nous emmène visiter le complexe socio-culturel de Taroudant, locaux que se partagent les associations roudanaises pour leurs activités, dont l’association Soprano de Younes. Nous y rencontrons Noureddine Elgarni, qui s’occupe de l’administration du complexe et nous fait visiter les lieux après que l’ayons interviewé. Younes nous présente ensuite une bande de jeunes B-boys, dont nous recueillons aussi les paroles !

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Visite du complexe socio-culturel de Taroudant

Un mot sur l’association de Younes : l’association Soprano, créée par notre ami et dont il est actuellement le président, a pour but d’aider les jeunes de Taroudant à s’exprimer par le biais d’un moyen artistique. Il leur propose ainsi un accompagnement dans leurs projets, leur procure des moyens, une infrastructure etc. L’association organise des ateliers divers comme, par exemple, des cours de musique, d’arts plastiques, d’audio-visuel. L’association produit aussi des événements à destination de différents publiques. Il y a peu, l’association organisait une soirée musique et peinture dans un orphelinat de Taroudant, avec de nombreux intervenants, jeunes pour la plupart. Il est important de souligner que tout ce que propose l’association est entièrement gratuit, tandis que l’association ne perçoit aucune aide de structures publiques ou privées. Les seuls apports, tant financiers que matériels ou humains, sont ceux des bénévoles et adhérents. On nous a dit par ailleurs que le secteur associatif au Maroc est très fourni (il y a près de 400 associations dans la région de Taroudant) et qu’il y a beaucoup de corruption dans ce domaine, l’engagement envers certaines valeurs servant de façade pour rémunérer de manière abusive les dirigeants d’associations. En tout cas, le secteur culturel n’est absolument pas soutenu par l’Etat et les collectivités au Maroc.

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Le dimanche, c’est jour de grand marché, qui a lieu en dehors de la vieille ville. Younes nous emmène voir cela !

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Après-midi chez les Aïssaouas

Dans l’après-midi, après un fabuleux tajine dégusté sur une terrasse, Younes nous emmène dans la zawiya d’une confrérie soufie, les Aïssaouas. Les musulmans fêtaient en ce jour-ci l’anniversaire de la naissance du prophète Mohammed et la confrérie organisait pour l’occasion une cérémonie. Le rituel Aïssaoua est basé sur une musique très répétitive effectuée à l’aide de percussions (bendir, taârija) et d’un instrument à vent, la ghayta (à anche double et perce conique, comme le hautbois ou la bombarde). La danse possède une place primordiale dans le rituel et constitue une manière de parvenir à la transe.

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Participer à cette cérémonie est une vraie expérience (cette musique tonitruante et répétitive pendant des heures, ces hommes dansant sans relâche, la foule, l’encens) dont je ressors tout chamboulé…

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A la tombée de la nuit, le rythme ralentit puis les musiciens s’arrêtent pour prier, se reposer et nous sommes conviés à prendre le thé, des gâteaux et l’on nous offre du parfum. Puis la musique reprend. Nous, nous avons d’autres plans pour la soirée et nous partons après avoir très chaleureusement remercié nos hôtes.

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Le moment du repos, au coucher du soleil

Soirée de Melhoun

Younes, en hôte très attentionné, nous avait prévu pour cette journée une autre rencontre : un concert mélangeant musique arabo-andalouse et Melhoun. Avant de nous y rendre, un peu grognon car pas remis de l’expérience Aïssaoua, je traîne les pieds et nous retarde pour acheter un truc à grignoter. Idée peu judicieuse puisque lorsque nous arrivons sur les lieux du concert, on nous convie à partager un repas dans une grande salle. Le lieu de concert se trouve être un ancien moulin à huile d’olive ré-habilité pour accueillir des concerts. Je commence à me faire une raison, ce voyage ne me servira pas, comme je l’avais espéré, à perdre du poids…

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Dans une ambiance très chaleureuse et conviviale, quoi qu’un peut trop masculine, nous dégustons, plaisir pour nos papilles mais supplice pour nos estomacs déjà contentés, un merveilleux tajine…

Baba Ali au chant :

Nous passons ensuite dans la pièce d’à côté, richement décorée de tapis, pour écouter, filmer et enregistrer les musiciens en habits traditionnels. Est présent ce soir là un poète assez connu à Taroudant, appelé « Baba Ali », qui est aussi un mâalem cordonnier. Le Melhoun, musique mise à l’honneur ce soir là (à savoir que le concert est organisé par une association qui lutte pour la préservation et la promotion de ce patrimoine musical traditionnel), est une musique populaire d’origine citadine qui met en musique de longs poèmes. Elle est apparentée à la musique arabo-andalouse (la musique classique du Maghreb) d’où elle pourrait puiser ses origines. On date son apparition vers le XIe siècle et ce style s’est répandu dans le Maroc de manière significative aux XVe et XVIe siècles, par le biais des caravanes marchandes. Les thèmes abordés dans cette musique sont nombreux : la nature, l’amour, le patrimoine, l’Histoire, l’amour de Dieu etc…

 

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Baba Ali, célèbre poète roudanais (à gauche, avec le foulard jaune) et les autres musiciens de l’orchestre. On peut voir différents instruments : taarija, flûte ney, tar (tambourain) et un synthé qui imite le son du qanûn

 

La soirée se finit tard et nous rentrons avec un des amis de la soirée gnaoua, que nous avons rencontré ce soir là dans le moulin. Deux jours plus tard, le 07 janvier, il était temps pour nous de prendre congé de notre hôte et de repartir vers la suite de notre voyage…

Merci encore, Younes, pour cette primordiale aventure dans notre grande aventure méditerranéenne !

Allez, un dernier morceau pour la route :

 

Retrouvez ici toutes les photos de l’article :

2 Réponses

  1. Jackie Bonnard

    Je vois que votre séjour au Maroc a été d’une très grande richesse tant humaine que musicale.Vous auriez sûrement aimé explorer d’autres lieux…Il faudra y retourner!
    Que votre périple dans les Balkans vous procure autant de joies, de belles rencontre, de musiques nouvelles….
    Bisous. Jackie.

  2. Jackie Bonnard

    Oups …rencontre avec S ,ce sera mieux!!!!

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